
Histoire de Mortemart
Mortemart s'est bâtie autour du château des Ducs en 995. Après avoir défendu victorieusement la cité de Bellac contre le Comte Guillaume de Poitiers, Abon Drut fait édifier le château.
Mortemart est le siège d'une famille célèbre : la famille des Rochechouart-Mortemart dont est issue Athénaïs, Madame et Marquise de Montespan, favorite du roi Louis XIV. La famille des Mortemart existe toujours. D'année en année et d'époque en époque, Mortemart a subi de nombreux actes de vandalisme qui ont donné lieu à des restaurations multiples.
Le cardinal Pierre Gauvain est un personnage d'une grande importance dans l'histoire de Mortemart. Enfant du pays né à la fin du XIIIème siècle, il fonde trois établissements religieux au début du XIVème siècle. Les différentes églises et les trois couvents, font de Mortemart un important centre religieux.
Avec un ensemble architectural d'une rare unité, des monuments somptueux, c'est le bâti tel qu'il apparaît qui fait la force et la richesse du lieu.
Classé parmi les « plus beaux villages de France », le seul en Haute-Vienne, le 16 octobre 1982, Mortemart mérite toute l'attention des promeneurs.
L'ancienne Halle du XVIIème siècle
Située à quelques mètres du château des Ducs, sur la place Royale, l'ancienne halle est construite sur douze piliers de bois travaillés par les ans supportant une toiture à quatre pans couverte de tuiles courbes.
Cette vieille halle est le symbole de l'ancienne activité commerçante de Mortemart.
Tous les commerces étaient représentés dans ce village. On pouvait en effet se procurer dans la localité toutes sortes de choses comme des tissus de laine, des étoffes de coton etc.
En 1730, la création de grandes foires favorise le commerce de Mortemart. Les habitants peuvent ainsi se rendre au marché hebdomadaire et à la foire le troisième mardi de chaque mois. Les foires et les marchés apportent à Mortemart une période de prospérité qui permet l'embellissement des couvents des Carmes et des Augustins. Grâce à ces foires, la vie économique survit au déclin de la famille de Mortemart.
Les Maisons des Notables |
Elles sont au nombre de quatre : la maison du Chevalier de Béon, la maison du Sénéchal, la maison de l'Echauguette et celle des Verdilhac-Villelonge. Ces demeures bourgeoises et l'ancienne halle sont les témoins de l'activité commerçante et artisanale très florissante de Mortemart. De plus l'architecture recherchée de ces différentes maisons, illustre la grande richesse de cette petite cité.
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| L'Ancienne maison du Sénéchal |
Elle
se trouve à gauche de l'intersection des routes nationales et départementales. Elle aussi, comme le Château des Ducs, a connu mutilations et restaurations.
A l'intérieur de ces maisons bourgeoises, on trouve de très belles boiseries, des portes où l'on peut déchiffrer encore des inscriptions latines et de très belles cheminées de pierres de style pré-renaissance.
A l'extérieur, on note la présence de tourelles, de tours carrées massives, des façades très symétriques et de portails.
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Les couvents |
Il existe à Mortemart trois couvents tous édifiés par le Cardinal Pierre Gauvain en 1330 : le couvent des Carmes, le couvent des Augustins et le couvent des Chartreux.
Aujourd’hui, seuls subsistent les couvents des Carmes et des Augustins. Ces couvents forment deux vastes quadrilatères séparés aujourd'hui par la route de Blond. Ces bâtiments religieux paraissent aujourd'hui plus imposants que le château.
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Le couvent des Carmes |
Face au couvent des Augustins, de l'autre côté de la route de Blond et face à l'église, se trouve le couvent des Carmes. Il est construit au XIVème siècle et remanié au XVIIème siècle.
Ce couvent dirigé par des religieux de l'ordre des Carmes, reçoit les pauvres et les gens de passage. Par ordre de Pierre Gauvain, le prieur des Carmes a la responsabilité d'un hôpital où il doit, de jour comme de nuit, donner le gîte et le couvert à tous ceux qui en ont besoin.
Les religieux occupent le couvent des Carmes jusqu'à la Révolution.
On peut admirer de cet ancien couvent, le corps de logis, les deux ailes, le portail d'entrée et les deux pavillons corniers. Il présente une façade rectangulaire avec à chaque extrémité une tour carrée, départ de deux corps de bâtiments.
Ce couvent présente deux intérêts particuliers : une pièce voûtée, dont le plafond est encore orné de fresques et un escalier monumental à arcades, qui est un chef d’œuvre d'architecture. A l'extérieur du couvent se trouve un if témoin du passé de ce lieu. On estime qu'il est âgé entre 300 et 400 ans.
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Le couvent des Augustins
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Le couvent des Augustins fondé au XIVème siècle, reconstruit au XVIIIème, jouxte l'église paroissiale. Ce couvent est aujourd’hui privé et n'est presque pas visible par les promeneurs. Il est également bâti sur un plan carré.
Ce couvent est dirigé par un collège de religieux de l'ordre des Augustins. Par volonté de Pierre Gauvain, le prieur des Augustins a la responsabilité de l'éducation de jeunes gens de 8 à 10 ans jusqu'à l'âge de 20 ans, à qui il devait apprendre grammaire et logique. Jusqu’à la révolution, l’ordre des Augustins a occupé ce couvent.
Ce qui retient notre attention, c'est l'ancienne chapelle du couvent qui est devenue, aujourd'hui, l'église paroissiale de Mortemart.
La partie reconstruite au XVIIIème siècle fait référence à un style que l'on retrouve fréquemment en Limousin (évêché de Limoges). Elle se présente sous la forme simple d'une masse rectangulaire surmontée d'un fronton triangulaire.
Aujourd’hui, à la place de l'ancien couvent des Augustins et de ses dépendances, on retrouve des bâtiments transformés en élégante habitation, de beaux jardins et la chapelle du couvent (église paroissiale).
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Le couvent des Chartreux |
Ce bâtiment a été entièrement détruit et il n’en reste plus aucune trace aujourd’hui.
Il a été occupé par l'ordre des Chartreux : 24 frères chartreux y sont restés un peu moins d'un siècle pour chanter leurs offices. Comme ils n'avaient pas d'église particulière pour chanter les offices, et surtout parce que les maisons séculières placées auprès d'eux étaient contraires à l'esprit de religieux adonnés à la solitude ; ils s'en allèrent en octobre 1412.
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L'église paroissiale |
L'ancienne chapelle du couvent des Augustins,devenue église paroissiale, date du XIVème siècle. De style romane, cette église massive et très simple est surmontée d'un clocher à bulbe. .
On découvre à l'intérieur de l'église un imposant retable du XVIIème siècle. Il dresse des colonnes torses aboutissant à une niche ornée d'une Piéta, surmontée d'une coquille avec de chaque côté deux peintures sur bois, représentant l'Assomption et la Résurrection.
Ce qui fait la particularité de cette église et du village de Mortemart, ce sont ses magnifiques stalles du XV ème siècle en bois de chêne toutes ornées de sculptures différentes. Chaque siège possède un abattant qui soutient une miséricorde (tablette).
Les religieux se servent de ces miséricordes pour se reposer pendant les longs offices, où ils doivent rester debout pendant plusieurs heures. Les sculptures représentent des animaux fantastiques et mythiques ainsi que des personnages civils et religieux de la vie quotidienne du XV ème siècle (un lièvre jouant de la cornemuse). On note la présence d'un lutrin en bois doré du XVII ème siècle, d'une armoire eucharistique, d'un baptistère, des armes des Rochechouart, de différentes statues, dont une en bois représentant la Vierge à l'Enfant, et d'un médaillon de Louis XIV enfant. Le mobilier de l'église est classé « Monument historique »
A la Révolution, l'église est vendue. Les autres églises du Moutier et des Carmes sont démolies, les couvents sont également vendus.
La commune garde seulement l'église des Augustins ainsi que le collège de l'ancien couvent qui va successivement devenir : presbytère sous la III ème République, école laïque et obligatoire sous la IV ème République et enfin logements particuliers et mairie sous la V ème République.
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Le Château des Ducs |
Construit en 995 par Abon Drut (Seigneur de Mortemart), ce château doit son origine à une motte située à l'extérieur du bourg. Il est construit en moellon de granit, implanté sur une plate forme entourée par des douves en eau conservées à l'est et à l'ouest, aujourd'hui. Le château, en lui-même, forme un quadrilatère organisé autour d'une cour centrale. Au nord, un porche qui conserve les traces d'un pont levis permet l'entrée dans le bâtiment. Au nord, on trouve le corps de logis du XVème siècle, desservi par une tour d'escalier polygonale.
Le château conserve, aussi, de belles cheminées monumentales, des vestiges de murs épais pouvant correspondre au château le plus ancien et des fenêtres à meneaux.
Aujourd’hui, le château n'est plus ce qu'il était : le château féodal est, avant tout, une construction de défense, sa hauteur devait être considérable comparée à aujourd'hui. De plus, le donjon a été détruit, mais on peut voir encore l'emplacement de la tour carrée près de l'étang (reste des anciennes douves)
Le château des Ducs a subit de nombreuses destructions et modifications, au fil des époques. Il fut pris par les Anglais pendant les guerres du XIVème siècle, démoli par ordre de Louis XIII et brûlé. Puis, il fut rebâti et resta la propriété de la famille Rochechouart Mortemart jusqu'à la Révolution. Monsieur le Marquis François de Rochechouart-Mortemart en a fait l'acquisition.
Malgré ses tours décapitées, ses douves amputées, ses corps de bâtiments effondrés, il dresse, encore sur la place du village,une sobre façade ornée d'une tour ronde.
Reste de nos jours des tours rondes et carrées, une cour intérieure avec son porche, des écussons où l'on aperçoit les fameuses « ondes » des Mortemart.
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